Aspect général
de la propriété en France Si un étranger veut devenir propriétaire d’un bien ou d’un terrain en France,
il ne rencontrera que peu de difficultés, en revanche, il devra vraiment être vigilant quant à la méthode
et à la procédure qui lui permettront de devenir propriétaire.
Le gouvernement français impose des lois draconiennes
relatives aux droits de succession, oblige certains héritiers à accepter un héritage et prélève
de lourds impôts sur la fortune et les revenus du capital.
L’impôt sur la fortune
Si un non-résident possède un bien en France,
alors, l’impôt sur la fortune des particuliers sera exigible au taux de 0,55% dans le cas où le bien excède
750.000 euros et sera echelonnable jusqu’à 1,8%. Dans le cas où le bien en France a été
acquis par l’intermédiaire d’une juridiction offshore patentée ou bien d’une société
considérée comme hors du territoire agrée, l’impôt sur la fortune sera de 3% par an.
L’impôt
sur les revenus du capital
En France, il s’applique essentiellement sur les résidences secondaires et pèse
spécifiquement sur des personnes non-résidentes possédant des biens immobiliers en France. Cet impôt
est prélevé si le revenu des capitaux est réalisé dans les quinze ans suivant la prise de possession,
bien que l’on concède des petites réductions après cinq ans de propriété effective.
Le taux de l’impôt
sur le revenu des capitaux est de 16% pour les résidents français ainsi que les résidents européens,
et de 33% pour les personnes qui ne résident pas en Europe.
Dans certains cas, il existe un prélèvement supplémentaire de 11%, qui est une
taxe de la Sécurité Sociale sur le profit net.
Les droits de succession
Dans de nombreux pays de droit commun, comme le Royaume–Uni ou les Etats-Unis, les personnes
peuvent généralement léguer leurs biens aux personnes de leur choix.
En France, les lois sont bien différentes,
et les héritiers protégés, appelés « héritiers réservataires »,
peuvent passer outre les volontés du légataire, même si les volontés de ce dernier ont été
consignées dans un testament.
Dans l’hypothèse d’un testament étranger, les droits de succession français
prévalent sur tout autre traité ou convention que la France peut avoir avec un autre pays.
Les testateurs étrangers devraient être
conscients du fait que tous les biens qu’ils possèdent en France seront assujettis aux droits de succession français,
et à l’impôt sur les successions lorsqu’ils décéderont.
En France, les droits de succession fonctionnent
selon le concept de liens du sang, protégeant ainsi les droits des héritiers protégés, qui incluent
les enfants, les petits enfants et dans certains cas, les parents avant même l’époux survivant (par ce
terme, il faut comprendre un ou une épouse survivant, qui est un héritier protégé s’il n’existe
pas de descendants ou d’ascendants vivants).
Les héritiers protégés ont droit à une portion réservée
appelée « Réserve Légale » de la propriété de la personne décédée.
Par exemple, quand il y a un enfant issu d’un mariage, qu’il provienne d’une filiation ou d’une adoption,
cet enfant a droit à la moitié des biens de la personne décédée. Lorsqu’il y a deux
enfants, deux tiers, et quand il y a trois enfants ou davantage, trois quarts .
Dans l’hypothèse où le fils ou la fille
décéderait avant le testateur, la part qui lui serait revenu sera distribuée à parts égales
à ses enfants (donc, aux petits enfants).
Si l’enfant n’avait pas d’enfants, alors, il y a redistribution entre les enfants
survivants du testateur, comme si l’enfant sans enfants n’avait jamais existé.
S’il n’y a pas d’enfants ou
de petits enfants, mais qu’il y a des survivants ou des ascendants, c’est-à-dire des parents ou des grands-parents
en vie aussi bien du côté maternel que du côté paternel, la portion réservée est égale
à la moitié de la propriété. S’il y a des ascendants sur un côté seulement,
il s’agira alors d’un quart de la propriété.
La propriété des biens du mariage
Les droits relatifs aux biens du mariage sont
complexes. La loi française stipule qu’un couple marié est normalement soumis à un contrat matrimonial
qui portera effet sur les biens possédés .
Il existe deux grands types de contrats :
La Séparation des Biens
Avec ce système, n’importe quel bien enregistré au nom de l’époux(se)
est considéré comme lui appartenant. Les biens enregistrés aux noms des deux époux sont considérés
comme appartenant à tous les deux.
Le droit français considère qu’un couple marié dans un pays de droit commun
(comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis) est automatiquement soumis au régime de la Séparation des Biens s’il
n’a pas préalablement contracté un contrat de mariage spécifique – lequel n’existe
pas en droit commun.
Cela
signifie qu’à la mort de l’un des époux, les héritiers protégés pourront légalement
prétendre à tous les biens enregistrés au nom de l’époux décédé, et
à la moitié des biens enregistrés en nom commun.
Ces règles peuvent donner lieu à des problèmes épineux.
Ainsi, en France, l’époux
survivant d’un mariage contracté à l’étranger n’a aucun droit à continuer d’habiter
le foyer familial, si ce foyer est enregistré au seul nom de l’époux décédé.
De même, l’époux
survivant d’un mariage contracté à l’étranger n’a également aucun droit aux
autres biens enregistrés au nom de l’époux décédé, s’ils sont présents
en France de façon permanente. En fait, ce sont les enfants de l’époux décédé, y
compris ceux nés de précédents mariages, qui ont tous les droits.
La Communauté Universelle
Elle implique tous les
biens appartenant au couple marié et placé en communauté conjointe ou solidaire.
Un couple marié étranger peut contracter
de telles dispositions comme il peut tout aussi bien choisir d’inclure une clause spéciale, « clause
d’attribution intégrale au conjoint survivant », qui permet la transmission de tous les actifs à
l’époux survivant sans obligation d’acquitter les impôts relatifs à la succession ; ce
qui équivaut tout simplement à un évitement des droits de succession français.
Des modifications récentes du Code Civil
français ont beaucoup simplifié les demandes de couples français mariés en dehors du territoire
français, qui souhaitent changer de régime matrimonial sans être astreints aux formalités légales
qui sont demandées aux couples français.
Cependant, il est bon de noter qu’un changement de régime matrimonial ne joue pas contre
les droits des enfants issus de relations antérieures et peuvent très bien, avoir sur les enfants du mariage
en question, des conséquences inverses de celles escomptées en matière d’impôts.
Les problèmes
relatifs à la propriété
L’Indivision
En France, on relève deux modes de possession conjointe :
- L’Indivision (une location en commun).
- La Tontine (qui est assimilée
à une location jointe en droit anglais).
La propriété en Indivision
Chacun possède la moitié ou bien un pourcentage
de la maison, et la transmission se fait lorsque la personne décède, suivant les droits de succession français.
Alors, les
héritiers protégés ont des droits, en sus de l’époux survivant, sur la part de la personne
décédée. C’est de cette manière que la plupart des notaires français enregistrent
des biens immeubles en nom commun en l’absence d’instructions spécifiques contraires. Il est à noter
que des inconvénients surgissent dans le cas d’enfants issus de mariages précédents.
La propriété
en Tontine
Les
problèmes relatifs à la propriété en Indivision peuvent être évités en achetant
un bien en Tontine. Cette clause spécifique peut uniquement être introduite au moment de l’achat. Elle
est aussi tout à fait légale bien que rarement utilisée en France par des personnes autres que des couples
étrangers. Avec la Tontine, l’époux survivant est considéré comme propriétaire du
bien dès le début, par conséquent, il est entièrement protégé et a totale liberté
pour gérer ce bien comme il l’entend.
Toutefois, il est à noter que lorsqu’un bien est acheté avec la clause de Tontine,
le consentement des deux parties est requis en cas de vente, ce qui peut être source de soucis si le mariage se défait.
Quelques
considérations en matière d’impôts sur les successions
S’il y a une grande différence d’âges
entre les parties à la tontine, ou s’il existe d’autres raisons expliquant qu’une des parties a une
courte espérance de vie, ou encore si les parties contribuent à l’achat à parts inégales,
le Fisc Français a toute latitude pour considérer la Tontine comme une forme déguisée de donation.
En conséquence, il peut prélever des impôts à la mort du premier époux.
A la mort du deuxième époux, les
enfants de ce dernier hériteront. Si ce couple avait des enfants, ces derniers seront perdants dans l’affaire
parce qu’ils ne recevront qu’une seule prestation non-imposable, appelée « abattement »,
celle relative aux biens du deuxième parent décédé. L’autre abattement, relatif aux biens
du premier parent décédé, étant considéré comme perdu.
Les couples non mariés
Ils peuvent rencontrer
des difficultés. La propriété serait transmise à la mort de l’un des membres du couple en
vertu de la loi sur les donations aux personnes sans liens de parenté entre elles. Ce qui signifie, en d’autres
termes, que le survivant paierait des droits de succession à un taux de 60% avec un abattement fiscal d’à
peine 1500 euros.
La
propriété au moyen d’une entreprise française
Si des biens sont achetés par une Société
Civile Immobilière et que les actionnaires sont un couple marié, ce couple ne possède pas la propriété
de façon directe, il possède la part qu’il détient dans la propriété. En cas de décès,
c’est la propriété de la part qui change de main et non la propriété du bien.
Etant donné que
les parts sont considérées comme des biens mobiliers, et non des biens immobiliers, ce sont les droits de succession
du pays du domicile qui prévalent. Ainsi, cela permet de transmettre des biens selon un testament étranger.
Utiliser
une Société Civile Immobilière pour posséder des biens est une pratique assez commune en France,
et parce que c’est une opération fiscalement transparente, elle n’est pas assujettie aux impôts sur
les sociétés et sur les bénéfices des capitaux de la même façon que le serait une
société par action normale.
Cependant, c’est un moyen relativement onéreux et compliqué de posséder
des biens. Et les droits de succession restent toujours exigibles à la mort de l’actionnaire.
Cas des ressortissants étrangers
qui achètent par l'intermédiaire d'une société britannique
Cette méthode a ses avantages, le meilleur
étant le fait que le taux élevé de l’impôt sur la Fortune - 3% annuel - ne s’appliquerait
pas, bien que le fisc britannique puisse très bien prélever un impôt sur « les bénéfices
en nature », si les propriétaires résident au Royaume –Uni.
Cas des ressortissants étrangers
qui achètent par l’intermédiaire d’une société offshore
D’une façon générale,
cela permet de passer outre les lois sur les droits de succession mais n’évite pas l’impôt sur la
fortune de 3% annuel.
Les
lois relatives à la propriété des biens français sont d’une très grande complexité,
ainsi, on recommande vivement aux particuliers devant acquérir un bien en France d’avoir recours aux conseils
d’un expert.
Mission
3000 Limited a accès à de telles expertises.
Pour plus d’informations, veuillez contacter nos bureaux de Londres.